Le "Junior Avio Club" de Genève (1923-1926)
Désireux de recruter des membres de la jeunesse, le Club Suisse d’Aviation (CSA), futur Aéro-Club de Genève, crée au début de 1923 une section junior. Elle est dédiée aux 18-20 ans qui, pour une cotisation de 5F (40F actuels), participent ainsi à la vie du club et peuvent se lancer dans leurs propres réalisations. Ces Genevois construisent rapidement quelques modèles de planeurs qu’ils vont, en vélo, tester au Salève.
On compte une vingtaine de membres en fin d’année et l’on prévient rapidement l’Aéro-Club de France que de jeunes Helvètes s’exercent en terre savoyarde. Parmi eux, le président du groupe se nomme J.J.Honegger, le vice-prés. Charles Schlegel, Dumont est secrétaire et René Berney trésorier. On cite aussi Hermann Faes, Georges Zolotareff, James Reuge, Edmond Ducor, André Zibach, Jean Pierroz et Briquet.
Très vite ces modélistes veulent pouvoir bénéficier de leurs propres cotisations pour investir dans leurs appareils dont un grand planeur baptisé "La baleine". Ils veulent aussi grimper d’un cran en construisant une "aviette", léger appareil à faible motorisation emportant son unique pilote s’il est poids-plume. En 1923, le concours du "Petit Parisien" permit par exemple la traversée de la Manche aller-retour par ce type d’appareil équipé d’un moteur de 15cv et pesant 150g à vide (Dewoitine D VII). Le CSA leur fait don de leurs cotisations pour autant que cette sous-section lui verse une unique cotisation entière. Cette jeunesse va alors se lancer dans des travaux tout au long de 1925 (projet "Fer à gaufres"). Mais au début de 1926, leurs objectifs semblent inatteignables. Lors de leur assemblée générale du 23 mars 1926, le groupe vote sa dissolution. Mais les modèles réduits referont surface dans une dizaine d’années au sein de l’aéroclub (voir : Récit)
Un ballon publicitaire rompt ses amarres et s’envole (1958)
Les ballons publicitaires du Salon de l’auto de Genève (années 1950).
Salon de l’Auto de Genève. Une marque de scooter italienne a hissé sur la Plaine de Plainpalais, à 30m de haut, un ballon publicitaire, une "saucisse" mesurant 3m de diamètre, rempli de 65m3 d’hydrogène et pesant 36kg. Autorisé par l’Office fédéral de l’air qui vérifia ses installations et les trouva conformes, ce ballon n’a qu’une seule restriction : il ne doit pas être hissé si le vent souffle à plus de 40km/h, ce qui n’est pas le cas en ce vendredi 14 mars 1958. Chaque soir ce ballon a d’ailleurs été descendu par mesure de sécurité.
En fin d’après-midi du vendredi, vers 17h45, alors qu’on s’apprête à le descendre, à la suite d’une rupture d’amarrage, le ballon s’échappe, entraînant avec lui quelque 50m de câble d’acier d’un diamètre de 5 à 6mm ! En raison du danger que ce ballon et son câble peuvent faire courir à la navigation aérienne, l’aéroport de Cointrin est aussitôt prévenu. La tour de contrôle entre immédiatement en communication radio avec les appareils qui doivent atterrir à Genève en fin d’après-midi et dans la soirée puis à tous les appareils qui pourraient être situés sur le chemin de la "saucisse" vagabonde. Selon le service météo de Cointrin, poussé par le vent d’ouest, le ballon a pris la direction du Valais et de Milan (Italie) puis il s’est perdu dans les nuages. En fin de soirée, nul incident n’est signalé par les avions se posant à Cointrin. Le ballon réussit-il à franchir les Alpes ? Se dégonfla-t-il en s’abattant en un lieu isolé ou inhabité ? On n’a jamais eu de nouvelles de cette "saucisse" depuis lors !
Tracté sur 74km de Villeneuve (VS) à Genève en deltaplane (1971)
J.J.Keck à son arrivée dans la rade de Genève (03.10.1971).
Le dimanche 3 octobre 1971, le Montreusien Jean-Jacques Keck traverse le lac Léman, dans sa longueur, de Villeneuve à Genève (74km), 61 ans après l’avion d’Armand Dufaux (voir : Récit). Ce maître de dessin et sculpteur est un ancien membre de l’équipe suisse de ski nautique. Sous son deltaplane de 12m2, skis nautiques aux pieds, tracté par un canot automobile à 15-20 m plus bas, il lui faut 1h48’ pour rejoindre le jet d’eau vers 10h55.
La météo est idéale avec un vent pratiquement nul. Jusqu’à Lugrin (F), les conditions sont parfaites, puis un léger brouillard au large d’Evian ralentit un peu l’allure. A l’arrivée au Port-Noir (GE), J.J.Keck fait encore une démonstration pour les nombreux spectateurs venus l’applaudir.
Les épaules et les mains endolories, l’homme déclare par la suite : "Par vent contraire, je ne serai jamais arrivé à votre bout du lac ! Mais quel coup d’œil ! Cet hiver j’essaierai de faire du ski-cerf-volant sur neige, tiré par un scooter spécial, à Verbier ou Mégève."
A signaler qu’une tentative semblable, sur le lac de Neuchâtel avait coûté la vie à un jeune homme en 1964.
Non exhaustif...
Essai de décollage d’une "Deuche" à Genève lors d’un concours automobile appelé "Citroën et vous". Merci au lecteur qui nous précisera la date de l’événement (coll. Alain Schmitt).