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Histoire de l’Aéro-Club de Genève (1/5) : de l’esprit sportif à la fin de la 1e guerre aérienne (1909-19) [vidéo]

 

La plus vieille structure de Suisse liée à l’aviation, le Club Suisse d’Aviation (CSA), se fonde à Genève en 1909. Deux ans plus tard le CSA entre dans le giron de l’Aéro-Club de Suisse grâce aux pionniers romands qui coordonnent alors toute l’activité des "plus lourds que l’air" d’Helvétie. De l’aérostation au vol à moteur, c’est le début de l’une des grandes évolutions du 20ème siècle. Comment se déroulent ces 10 premières années qui incluent aussi la 1ère Guerre Mondiale ?


Le terrain de Collex-Bossy à la Vieille Bâtie, proche de l’actuel golf, est le 1er aérodrome permanent du canton de Genève (1910-17). Deux hangars en bois abritent de rares appareils, avions Dufaux-5 ou Blériot-XI, et les premiers exploits des pionniers locaux de l’air tels que François Durafour, Paul Wyss ou Agénor Parmelin. Dessin de Philippe Abbet (Meyrin).

Des bourgeois de la région lémanique fondent le Club Suisse d’aviation (CSA)

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Le logo du Club Suisse d’Aviation.

Quand des bourgeois de la région lémanique décident de créer le Club Suisse d’aviation (CSA) en septembre 1909, aucun d’eux n’a jamais mis les pieds dans un avion et très peu sur un champ d’aviation. Mais Blériot à traversé la Manche et ils ont compris qu’une nouvelle ère économique et technologique débutait. Dès octobre, à Genève, la cinquantaine de fondateurs recherche des terrains, crée des Prix pour les aviateurs, rédige des règlements sportifs et contacte l’Aéro-Club à Berne pour s’unir et faire valider de futurs records auprès de la FAI.

A Berne, on est alors entièrement tourné vers l’aérostation et peut-être vers le dirigeable. On est souvent aérostier militaire et l’on ne croit pas ou peu en l’aviation naissante. Comme on ne peut ignorer les développements étonnants de l’avion dans les pays voisins, on s’accorde à convenir en 1911 que le CSA est dorénavant une section de l’Aéro-Club Suisse (AéCS) entièrement tournée vers l’aviation, à laquelle l’AéCS soumettra tout ce qui concerne ce domaine. Le CSA remontera donc une partie de ses cotisations à Berne. C’est ainsi que les rares aviateurs de Zurich, d’Avenches, du Tessin ou d’ailleurs deviennent membres du CSA et de fait membres de l’AéCS.

Le CSA compte heureusement quelques mécènes comme la famille Eynard, de Genève ou Rolle (voir :Biogr.), les Perrot-Duval (Genève, voir :Biogr.) et quelques autres, ainsi que plusieurs colonels romands, dont Etienne Ed.Borel (Genève), ou L.H.Bornand (Lausanne) qui s’engagent tant dans une future aviation civile que militaire. Les tractations seront longues et coûteuses mais des champs d’aviation naissent dans plusieurs cantons, sous la tutelle du CSA, dont celui de Collex-Bossy à Genève (Récit). Pour cela ses membres achètent des parts individuelles dont plusieurs seront offerte gratuitement en retour au CSA.

Des manifestations et meetings démontrent au public les rapides développements des appareils, à Genève, Planeyse, Avenches, Berne, Zurich et ailleurs, tant sur terre dès 1910 que sur les lacs dès 1912. Proche de Genève il faut citer les meetings aériens à Viry en 1910-1911 (Récit) ou à Plan-les-Ouates, 1911 (Récit) ; les hydravions dans la Rade en 1912-13 (Récit1, Récit2) ; le survol du Mont-Blanc (1914) (Récit), en passant par la traversée du Léman de 1910 (Récit) et le 1er vol militaire de 1911 (Récit).

En 1920, les responsabilités sont redistribuées

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Le logo de l’Aéroclub de Suisse en 1906.

De nombreux Prix sont instaurés, financés à 90% par le CSA et en faible partie par l’AéCS. Ils vont vers l’aviation mais aussi vers les planeurs, le cerf volant (1916-17) et même les premiers brevetés militaires en toucheront. Ces Prix s’échelonnent entre 200F et 10.000F (2.000 à 100.000F actuels) et sont distribués partout en Suisse. Plusieurs Prix ne trouvent pas de concurrents, ne sont pas réclamés et se fondent dans d’autres concours à venir. Près de 37.000F de prix et de coupes sont annoncés avant la 1ère Guerre mondiale dont 28.000F réellement attribués (280.000F actuels).

La 1ère Guerre mondiale met un terme à cette époque pionnière. L’arrêt des vols civils, la réduction des membres actifs et la baisse des cotisations amenuisent terriblement l’activité du CSA. L’AéCS est soumis aux mêmes contraintes. Heureusement, la fin de la guerre fait très vite comprendre la possibilité du vol commercial grâces aux nombreux ex-avions militaires disponibles et aux très nombreux pilotes bien formés. Ce renouveau ne permet malheureusement pas au CSA de reprendre une activité identique. L’AéCS, dès lors très fortement tourné vers l’aviation, va ouvrir la création de sections régionales dédiées à toute l’aéronautique et l’aviation ne sera plus l’apanage du seul CSA qui devient une section semblable aux autres. L’Office fédéral de l’Air naît encore et la Suisse se structure hiérarchiquement pour aborder tous les aspects aéronautiques, civils ou militaires, commerciaux ou privés.

L’essor de l’aviation née du côté de Genève vers 1890, déjà, ne s’éteint pas en 1920. De nombreuses figures de l’air font alors rayonner cette matière tant pas l’essor de l’aéroport de Cointrin (dès 1922) que par la passion de nombreux membres de l’Aéro-Club local. Qui n’a pas entendu parler de l’exploit de François Durafour se posant sur le massif du Mont Blanc (1921) (voir : Récit) ou du talent que le capitaine Marcel Weber met dans la formation des pilotes privés (voir : Récit) ou à l’entrée des appareils Vampires ou Venom dans l’armée. Inutile d’essayer de tous les résumer ici puisque dans Pionnair-GE.ch vous trouverez les 250 plus belles histoires aériennes genevoises. Elles sont accompagnées de biographies et d’autres reflets de ce mélange de passion et de raison toujours en marche.

Parmi les acteurs et fondateurs du CSA à ne pas laisser dans l’oubli

En 1909, les initiateurs du futur Aéro-Club de Genève à ne pas oublier sont : [Auguste-]Léopold Eynard (1871-1921), le constructeur Jules Mégevet (1874-1932), les banquiers Fernand Monod (1875-1975) et Marcel Cuenod (de Montreux), l’ingénieur Hermann de Pury (de Neuchâtel), et les Genevois Maurice Pictet de Rochemont ou le professeur es sciences Alexandre Le Royer Les 3 premiers présidents, tous genevois, seront : Alexandre Le Royer (1860-1922), président de septembre 1909 à septembre 1911 ; puis le banquier David Decrue, président ad interim jusqu’en mars 1912 ; enfin le lieutenant-colonel Etienne Edmond Borel (1858-1928) président jusqu’en 1920, et notamment durant la difficile durée de la guerre (voir : Biogr.). Les secrétaires qui nous ont laissé les traces de cette activité sont principalement le banquier Georges Lenoir (1883-1940) et l’avocat Charles Boissonnas (1832-1912) également genevois.

Il faut encore citer quelques autres membres du Conseil du CSA tels : Charles Binet, Georges Poujoulat, Hermann Borel, Eugène Corte, J.Guillaud, Robert Cramer, Antoine Dufour, Louis Guillermin, Adolphe Fama, Louis Henri Bornand, Horace Jaccard, Alfred Boillet, Roger de Crousaz, Gustave Lecoultre, Paul Lenoir, Aloïs Auguste Jomini, Jean Boissonnas, E.Barde, Alfred de Marignac, Edouard Emmanuel, etc. et l’unique membre d’honneur qui a bien usé de sa fortune en faveur de l’aviation : [Edouard-]Edmond Eynard (1839-1913)

Quelque 70 personnalités ont œuvré dans l’ombre des 10 premières années de l’Aéro-Club de Genève, dont des banquiers, avocats, notaire, architectes, rentiers, hauts gradés, chefs d’entreprise, médecin, géomètre, importateur, garagiste, journaliste et un seul agriculteur (La suite dans le récit).

 

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Congrès de l’Aéro-Club de Suisse à Lausanne, Hôtel de la Paix, le 24 février 1918.
Assis, tout à droite : Léopold Eynard. Debout de g. à d. 9ème Louis Ansermier (aérostier genevois)
et 12ème le professeur Henri Duaime aérostier genevois et futur président du CSA en 1920.
Par : Jean-Claude Cailliez
Le :  vendredi 27 mars 2009
  • Pour plus d’information, voir : La Feuille-Volante no.107, de l’Aéro-club de Genève, 03.2009, pp:8-12, ills, à la "Librairie".
  • [04.2016] Les débuts de l’Aéro-Club de Genève (CSA) de 1909 à 1919 (diaporama 02’44’’, 8Mo). Format Flash.

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