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Etienne Edmond BOREL (1858-1928), président de l’Aéro-Club, Lt-colonel et défenseur d’une future aviation militaire

 

Etienne Edmond Borel, membre fondateur de l’Aéro-Club est d’abord un militaire de carrière et un gros négociant. Il est amené à la présidence du Club peu avant la 1ère Guerre mondiale. En faveur d’une future aviation militaire helvétique, on lui doit l’emploi du 1er avion lors des manœuvres militaires suisses dès 1911. A force de propositions, il sera le 1er officier à diriger et constituer cette arme balbutiante en 1914. Enfin, il permet au Club de passer le cap de la guerre et de survivre jusqu’à la paix de 1919.


François Durafour, ici sur le terrain de Saint-Georges (GE), le 25 mai 1919, vient de réaliser, le 1er vol Paris-Genève. Il est félicité par le professeur Henri Duaime, vice-président (barbe), et Etienne Borel, président de l’Aéro-Club (moustache).
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François Durafour et Etienne Ed. Borel à Collex-Bossy en octobre 1912.

Un officier à la tête du très civil Aéro-Club de Genève

Cette famille protestante, d’origine neuchâteloise, s’établit au Havre (F) au début du 19ème siècle grâce à Charles-Edouard (1790-1855). Dynastie de négociants, elle voit sa 3ème génération s’installer en parallèle à Genève. Parmi celle-ci Etienne-Edmond Borel, un patriote zélé, fait une carrière militaire rapide et riche : lieutenant d’infanterie (1878), premier lieutenant (1882), capitaine (1886), major (1903). De 1904 à 1907, il commande 30 officiers et 543 hommes du bataillon 13. Nommé Lieutenant-colonel en 1908, colonel divisionnaire en 1913 il finit colonel d’état-major en 1916. Il dirige notamment le régiment 39, de 1909 à 1915, pendant les 2 premières années de la Mobilisation générale. C’est aussi un conférencier connu de la Société Militaire de Genève bien avant ses débuts à l’Aéro-Club.

Etienne Borel, en 1909, fait aussi partie des fondateurs du futur Aéro-Club de Genève : le Club Suisse d’Aviation (CSA). En 1911, alors qu’il commande le 34ème régiment d’infanterie, il est nommé arbitre aux manœuvres du premier corps d’armée. Il convainc le CSA de débourser Fr 2.000 pour qu’un avion participe pour la 1ère fois à des manœuvres en Suisse. Ce sera l’expérience d’Ernest Failloubaz et de Charles Lecoultre en septembre, à bord d’un Dufaux-5, exercice critiqué par certains mais décisive pour d’autre. Après la courte présidence de Le Royer et l’intérim de Decrue au CSA, c’est donc un grand soldat, une personnalité reconnue et influente, un chef qui prend la direction du Club le 30 mars 1912. Ce Club n’a alors plus les moyens de s’offrir son siège à la rue des Granges et la Société Militaire l’abritera dorénavant. Les meetings d’hydravions genevois des années 1912-1913 vont ensuite s’organiser sous l’autorité de Borel…

Décisif dans la création de la Troupe d’aviation suisse

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E.Borel sert la main d’Agénor Parmelin qui va décoller pour le 1er survol du Mont-Blanc. Collex-Bossy, févr. 1914.

Un débat occupe alors toute la Suisse concernant l’existence d’une future aviation militaire dont tant de nations proches se sont dotées. Au sein de l’AéCS seul le CSA à Genève est apte à traiter d’avion de par son statut. Au milieu de 1912, Etienne Borel adresse donc un mémoire au chef d’Etat-major général afin d’obtenir un crédit annuel de Fr 50.000 pour la formation de pilotes privés qui leur permettrait de participer à des exercices militaires avec leur propre avion. De plus il envisage une école militaire dotée de sept appareils pour vingt aviateurs qui permettrait de fonder une première compagnie de huit avions ; mais aussi la création de Prix en espèces qui seraient offerts par l’AéCS et participeraient à la promotion de l’aviation militaire nationale. Hélas, les autorités militaires ont alors d’autres chats à fouetter... Borel n’en donne pas moins des conférences sur le thème dans diverses villes. Fin novembre il propose à L’Etat-major d’acheter des avions et de former 50 pilotes en deux ans, pour Fr 530.000.

En fin d’année, à Fribourg (CH), une grande réunion d’officiers helvétiques décide de créer une collecte nationale en faveur de l’aviation (Flugspende) qui occupera toute l’année 1913 en actions diverses et meetings, récoltant 1,7 millions de francs (environ 16 millions actuels). Dès janvier le CSA offrait déjà le Prix Borel de Fr 500 à chacun des deux premiers futurs aviateurs militaires brevetés. Puis le Département Militaire fédéral (DMF) intègre Borel dans la commission d’étude d’une troupe d’aviation visant aussi à l’utilisation des fonds publics récoltés. Borel est alors le 1er chef de cette aviation à un stade où elle n’incorpore encore ni pilotes ni appareils !

Borel permet à l’’Aéro-Club de survivre en temps de guerre

Dans le monde civil, Genève s’est un peu lassée des grands meetings aériens tels ceux de Viry (1910-11), Plan-les-Ouates (1911) ou d’hydraviation dans la Rade (1912-13). Les deux derniers grands événements aériens où préside Borel sont la démonstration du 1er looping sur Genève en février 1914 par Jean Montmain (voir : [Récit-102]) et le magnifique survol du Mont-Blanc le même mois réalisé par Parmelin (voir : Récit). Le Club n’en poursuit pas moins son développement sur son erre lorsque survient la guerre en août et la Mobilisation générale. Finalement contraint, le DMF mets en place un embryon de troupes d’aviation sur le modèle proposé par Borel. Affecté à ce service Borel y contribue largement en ce qui concerne l’organisation, jusqu’à son transfert à l’état-major de Berne en 1918. L’Armistice rend Borel au monde civil et au CSA qui perd alors son exclusivité en aviation acquise en 1912. Désormais, toutes les sections de l’AéCS traiteront de toute l’aéronautique.

Après huit ans de présidence en ces périodes troublées, l’Aéro-Club a survécu avec 40 membres et redémarre comme toute autre activité. Borel quitte la présidence. Il est encore présent au Conseil jusqu’au début de 1921 puis ne laisse plus de traces dans les PVs et disparait à 70 ans en 1928. Marié, père de trois enfants, sa descendance existe de nos jours du côté de Chambésy.

 

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Colley-Bossy, aérodrome du CSA, octobre 1912. De g. à d. : MM E.Barde (commission des terrains du CSA), Ch.Boissonnas (secrétaire du Conseil du CSA), Ch.Binet (comm. technique du CSA), l’aviateur François Durafour et le Lt-col E.E.Borel, président du CSA.
Par : Jean-Claude Cailliez
Le :  dimanche 1er novembre 2009
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