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[article n° 57]
Saint-Georges : l’aérodrome de la dernière étape avant l’existence de Cointrin (1919-1921) [2 vidéos]

 

1919, la "Grande guerre" vient de se terminer et l’on n’imagine pas qu’il y en aura une seconde. L’aviation civile va renaître, la poste aérienne va débuter et bientôt on transportera plus qu’un passager à la fois par-dessus les frontières. Où centraliser toutes ces activités ? C’est aussi l’époque du combat entre l’emploi de l’hydravion (lac) et de l’avion (terrain). Alors que choisir, où s’implanter durablement ? Dans le doute, en attendant une meilleure solution, ce sera à Saint-Georges, près du stand de tir et du cimetière.


Vue actuelle de l’aérodrome de Saint-Georges, à droite du Stand de tir, regardant en direction du Fort-l’Ecluse.

A côté du Stand de tir de Saint-Georges au Petit-Lancy

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Emplacement de Saint Georges au Petit-Lancy (en bleu).

La "Grande guerre" s’est terminée en novembre précédent. Il a fallu l’hiver pour croire à la paix. Le printemps revenu, les activités aéronautiques peuvent reprendre timidement après 4 ans et demi de sommeil. Des appareils doivent se poser à Genève et le terrain de Collex-Bossy est trop petit pour les recevoir. On cherche partout dans le canton une surface plane où il ne sera pas nécessaire de faire de grands travaux, en attendant une solution plus définitive. La Société de l’Arquebuse et de la Navigation met heureusement gracieusement à la disposition de l’Etat un étroit terrain à Saint-Georges (commune du Petit-Lancy) à proximité du stand de tir qu’elle possède, au nord-ouest de Genève.

Dès avril 1919, des avions militaires et civils utilisent avec succès ce site dont on mesure rapidement les limites (voir : Récit). Un service postal aérien de l’aviation militaire place Saint-Georges en bout de la ligne Zurich-Berne-Lausanne (voir :Récit). A cette époque, les avions ne volent en général que de mars à novembre, en raison des mauvaises conditions climatiques et des courtes journées qu’offre cette période. L’aérodrome est équipé sommairement d’un hangar et d’une buvette.

Il a si peu d’aérodromes en Suisse que les hydravions ont toujours leur intérêt alors, tant il y a de lacs !

En 1919-1920 des négociations en vue de la création d’un aéroport avec la commune de Collex n’aboutissent pas. En avril 1920, l’emplacement de Cointrin est entériné mais son usage ne peut débuter qu’après la coupe des blés, en automne. A cette époque, le hangar à avions de Saint-Georges y sera transféré. Saint-Georges va donc prolonger un peu son activité en 1920. Quelques compagnies l’utilisent dont Avion-Tourisme SA, Aéro-Transport, jusqu’à la fin août. Cointrin va naître entre temps (nov.1920), débuter son activité au printemps 1921 et Saint-Georges restera en fonction finalement jusqu’à la fin octobre 1921.

Quelques événements liés à l’activité de l’aérodrome de Saint-Georges

- Durant 1917, un appareil militaire suisse, l’unique prototype Wild "Spezial" se pose et y fait un "cheval de bois. Réparé le no.401, décoré d’une grosse étoile à 6 branches, finira par repartir.

- Le 19.05.1919, François Durafour effectue le premier vol d’essai Paris-Genève sur un biplan Caudron G3. Parti d’Issy-les-Moulineaux, il atterrit à Saint-Georges après 4h30’ (voir : Récit).

- Le 25.05, Durafour vole sur le Caudron d’Issy-les-Moulineaux à St.-Georges en 5h30’ avec un passager (voir : Récit).

- Du 25.05 au 30.06, F. Durafour, vole presque quotidiennement avec un passager au-dessus de Genève et du lac pour des baptêmes de l’air ; avec un total de 120 passagers embarqués.

- Le 22.06.19, Oscar Bider fait un vol circulaire autour sur la Suisse, sur biplan militaire Häfeli à moteur 200 CV, accompagné d’un passager le Dr. Théodore Gubler de la Basler-Nachrichten, le tout en 7h28’. L’itinéraire passe par Saint-Georges où il se pose à 4H40’ et repart à 5H35’. A peine s’élève t-il que le moteur cafouille par manque d’essence. Un verre de benzine de plus dans le réservoir et ils piquaient dans le Rhône ! Le rédacteur Philippe Latour, du Journal de Genève et indendant du lieu, accourt en auto. Avec son aide on pénètre dans le hangar de Durafour (alors absent) et l’on prélève 50 L de benzine. Nouveau départ à 6H24’

- Le 24.08, Durafour effectue le raid Puplinge-Fleurier-Saint-Georges.

- Le 10.09, le service postal aérien depuis Zurich effectué par les militaires est prolongé jusqu’à Saint-Georges, inauguré par le lieutenant Max Cartier, de Soleure. Après 1h30 de repos le pilote repart pour Zurich. Sur cette ligne, les envois aériens sont distribués l’après-midi du même jour. Le manque de rentabilité fait abandonner cette escale en fin de saison, à la fin octobre.

- Le 30.05.1920, A.Comte, sur Caudron-G3, part de Saint-Georges pour Dübendorf.

- Le 06.06, voyage de Paris à Genève-Saint-Georges avec un passager. Pilote : Durafour ; 1er passager : M. Vulliamy. Départ de Buc à 5h, arrivée à Genève à 10h55’.

- Le 01.07, Durafour relie Paris à Genève sans escale en 2h55’ avec un passager. Départ à 9h30 du Bourget. Arrivée au milieu des ovations de la foule accourue pour l’acclamer (voir : Récit).

- Le 09/10.09, visite du grand biplan britannique bimoteur Handley-Page O/400 (G-EATL) fait pour le de transport de 9 passagers et plus, piloté par W.L.Hope, après des étapes à Lausanne et Planeyse dès la fin août (voir : Récit).

- Le 20.09, Durafour s’envole une 1ère fois de Saint-Georges pour tenter d’atterrir au Mont-blanc, accompagné d’un passager. Trop lourd, l’appareil ne s’élève pas suffisamment (voir : Récit).

- Le 01.03.1921, l’aérodrome douanier de Genève est transféré de Saint-Georges à Cointrin. Ceci met fin temporairement aux activités aéronautiques internationales sur ce terrain.

- En 05.1921, Durafour, avec le passager Vulliany, vole de Paris à Genève en 4H10’. Atterrissage forcé à La Roche et poursuite du vol jusqu’à St.-Georges.

- Le 30.07.1921, après son exploit au Mont-Blanc, Durafour est à St-Georges, pour le public, de 10h à 16h45, avant de partir sur Divonne, puis Lausanne (voir : Récit).

 

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Le biplan militaire et prototype suisse Wild-Ackermann D.401 "Spezial" baptisé "Maggi", s’est retourné à l’atterrissage à St-Georges (1917). L’étoile rouge sur la carlingue est le logo de le firme Maggi produisant la sauce bien connue. Après une courte durée de service (janv.-nov. 1917), au cours d’une reconnaissance à basse altitude, l’avion toucha le restaurant "Löwen" à Schlieren. Il se ficha dans le toit, fut entièrement démoli et l’équipage légèrement blessé (source : L’avion à Genève, de R.Hug).
Par : Jean-Claude Cailliez
Le :  lundi 15 août 2005
Le Handley-Page à Saint-Georges en 1920 (n&b, sonore, 3’14’’, 78Mo), nécessite le plugin QuickTime, 7.1.3. minimum
Images aéronautiques de St-Georges en 1919-1920 (n&b, sonore, 3’14’’, 78Mo)
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